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Programme 2015-2016

Cette année, pas de  thème mais une suite de conférences/débats fournissant un itinéraire à travers des problèmes philosophiques.

Voici les prochaines dates (d’autres sont encore à venir !)  :

 

  • « Jeu, loisir et divertissement : une drôle de vie ? » (par C. Braverman)

Le vendredi 9 octobre 2015 à Dijon à la NEF (20h30).

Présentation :

Le jeu, le loisir et le divertissement supposent du temps libre et ce temps libre lui-même semble donc être défini par opposition à un temps « non-libre », occupé, par exemple, par des activités sérieuses comme le travail. Mais alors, pourquoi jouons nous ? Est-ce pour le plaisir ? Pour se détendre ? Pour le lien social que le jeu permet ? Ne faut-il pas cependant faire peser un soupçon sur tous les types de divertissements, qui ne seraient peut-être qu’une manière d’accepter plus facilement une réalité de laquelle nous aurions parfois besoin de nous évader ? Il est à la mode de parler de « jeux sérieux », n’est-ce que pour montrer la fonction potentiellement pédagogique du jeu ou est-ce aussi un manière de disqualifier les autres jeux comme étant « peu sérieux » ?

  • « Amour, libertés et contraintes sociales » (par C. Braverman)

Le vendredi 6 novembre 2015 à Dijon à la NEF (20h30).

La réflexion philosophique n’est pas à dissocier de la littérature et Tolstoï fournit l’exemple d’un écrivain ayant su mettre en scène des problématiques philosophiques cruciales. A travers l’exemple d’Anna Karénine, nous nous poserons alors la question de la liberté. Liberté et amour, liberté et politique, liberté et tradition : Tolstoï ne cesse de demander à son lecteur ce qu’est la liberté à laquelle il aspire. 

  • « L’homme comme être vivant » (par C. Braverman et A. Piquemal)

Le vendredi 4 décembre 2015 à Dijon à la NEF (20h30).

L’homme se pose bien souvent comme exception au sein de la nature grâce à certaines caractéristiques qu’il possède ou croit posséder. En revenant sur les implications de la théorie de l’évolution ou encore sur le problème de la pensée, nous aborderons succinctement quelques aspects caractérisant l’homme comme être vivant.

 

  • « Le sacré et le profane » (par C. Braverman)

Le vendredi 15 janvier 2016 à Dijon à la NEF (20h30).

Reprenant le titre et le contenu d’un ouvrage de Mircea Éliade, il s’agira de questionner cette expérience singulière qui est associée au sacré. Quels sont ses mécanismes ? Quels sont ses effets ? Dans une expérience peut-être universelle, le sacré est associé à la culture, par ses liens à la religion, mais aussi à la politique. En ce sens, un lieu peut être sacré mais peut-être que la loi elle-même revêt, pour certains, un caractère sacré. Le risque n’est-il pas alors que, de la même manière que le silence se fait souvent à l’entrée d’un lieu de culte, l’irruption du sacré implique que la raison doive se taire ?

 

  • « Pourquoi commémore-t-on ? » (par Célia Carrette)

Le vendredi 5 février 2016 à Dijon à la NEF (20h30).

Le temps de la commémoration est un moment d’union et d’unité nationale. Il est cet instant durant lequel on se souvient, on se souvient des atrocités commises durant la guerre, des souffrances dont a été victime la population…  Il s’agit de ne pas oublier, pour que, dit-on, la barbarie ne puisse renaître. L’acte commémoratif est en ce sens un acte politique, ce qui permet à un peuple de s’unir. Par la commémoration,Le temps passé redevient celui du présent, il s’agit de raconter, de partager ce qui a eu lieu, de faire le récit des atrocités et des cruautés, et cela afin que puisse avoir lieu qu’un travail de mémoire soit possible. On voit alors se mêler, dans cette composition hétérogène, les souffrances et le chagrin de victimes, des jeunes générations qui tentent de comprendre ce qu’ont vécu leurs parents et grands parents, mais aussi des anonymes venus rendre hommage aux disparus. Mais cette expérience est-elle communicable ? Ne touche-t-on pas ici à l’indicible de tout événement traumatique ?

  • « Qu’est-ce qu’un héros » (par Alexis Piquemal)

Le vendredi 8 avril 2016 à Dijon à la NEF (20h30).

Réflexion sur la nature de ces personnages exceptionnels que l’on appelle « héros ». De quelle « étoffe » seraient-ils faits ? Quelle conception de l’humanité et de son histoire est-ce qu’ils impliquent ? Que sont ces fondateurs qui, à eux seuls, semblent déterminer l’orientation morale et politique de toute une civilisation ? Nous tenterons de répondre à ces questions notamment à partir de l’oeuvre Les deux sources de la morale et de la religion du philosophe français du XXème siècle, Henri Bergson.

 

  • « Laïcité et Lumières de l’Islam » (par Eric Marion)

Le vendredi 29 avril 2016 à Dijon à la NEF (20h30).

Après une explicitation préalable de diverses conceptions philosophiques de la laïcité républicaine et de la liberté de conscience religieuse, il s’agira de  montrer qu’il y a dans la pensée arabo-musulmane des sources diverses et précieuses pour penser la tolérance hospitalière et l’articulation entre pouvoir politique et religion

 

  • « L’ouverture des frontières, une question mal posée ? » (par Jérôme Esnouf, professeur de philosophie)

Le vendredi 20 mai 2016 à Dijon à la NEF (20h30).

La plupart des débats actuels autour de la question des frontières insistent sur la nécessité d’ouvrir les frontières aux flux migratoires qui s’intensifient et pressent aux portes de l’Europe, ou au contraire sur celle de les fermer. Un ensemble de critères moraux ou économiques sont alors invoqués, orientant souvent vers une conception plus ou moins ouverte de la citoyenneté politique, dont les principes définitionnels varient selon les théories politiques envisagées. Nous pourrions nous demander néanmoins en quel sens cette conception des frontières en tant que barrières matérielles et instrumentales évide le sens véritable des limites, qui doivent être plus fondamentalement comprises comme des seuils. Le seuil fonde la séparation sur l’esprit, et non sur la matière ; elles favorisent la circulation des idées avant celle du profit ; mais dans un contexte de mondialisation des échanges de toute nature, la conception solipsiste des seuils, de source traditionnelle, ne suffit évidemment pas et la question demeure du régime juste de la circulation à mettre en place. Car le seuil, pour articuler l’horizontalité sociale tout en ouvrant sur la verticalité de l’esprit, doit se déployer dans la dimension de « l’entre ». L’oeuvre de François Jullien donne quelques repères préalables à ce que serait une philosophie interculturelle donnant toute son ampleur à des limites fonctionnant comme des « écarts » créateurs. Au-delà des frontières rationalistes d’un côté et des fronts identitaires de l’autre, le seuil interculturel souhaiterait penser l’écart entre les hommes comme l’élément essentiel de leur intégration dans l’unité de la pensée, plutôt qu’à travers la pluralité indéfinie de la matière et de sa consommation, dont l’unité ne consisterait guère plus qu’au « spectacle » annoncé et mis en scène par un certain état de la société marchande. Au-delà des politiques multiculturelles ou transculturelles, ne considérant les cultures que comme des « suppléments d’âme » privés que seule la raison formelle et juridique pourrait articuler de l’extérieur, il s’agirait de prendre les cultures au sérieux et de leur donner la voix, afin d’exorciser en elles toute volonté parodique de renverser l’universel en un universalisme vain et inutilement conquérant. De « bonnes » frontières seraient donc des seuils culturels dynamiques, fondées sur une intelligence en acte plutôt que sur une identité reçue, dût-elle être celle de la raison universaliste elle-même.

 

 

A propos de l'auteur

Braverman Charles

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