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Compte-rendu du café-philo : « Et si Dieu était mort ? »

Bref compte-rendu du café-philo : « Et si Dieu était mort ? »

Deux problèmes ont principalement étaient abordés par les participants :

- celui de l’étude factuelle de la place de la croyance religieuse dans nos sociétés et de ce dont elle est le symptôme.

- celui des conséquences d’une éventuelle disparition de la croyance en Dieu.

Sans suivre l’ordre du débat voici une tentative de synthèse des réflexions qui ont été développées relativement à ces deux problèmes (je ne peux pas faire une place à tout ce qui a été dit et mon compte-rendu est donc plus pauvre que notre discussion…) :

A- la place de la croyance religieuse et ce dont elle est le symptôme :

Manifestement, il y a une place prépondérante de la croyance religieuse (sous diverses formes) dans le monde. Cette quasi universalité de la religion répondrait d’abord à un besoin psychologique de l’humanité : celui de la quête du sens. La religion serait finalement salvatrice car elle permettrait de rassurer l’homme en donnant un sens à sa vie. La croyance en Dieu serait donc un remède face à la souffrance et l’insupportable idée que notre vie ne puisse avoir de sens. Cependant, ce constat psychologique de l’efficacité de la religion ne va pas sans poser un certain nombre de difficultés aux yeux de quelques participants. En effet, ce message rassurant véhiculé par la religion serait finalement l’ »opium » du peuple et serait une croyance qui viendrait enchaîner la raison humaine et qui serait donc inacceptable. Il serait alors plus pertinent de refuser cette « solution de facilité » fournie par la croyance en Dieu pour nous rassurer. D’ailleurs, il serait possible (selon certains) d’expliquer sociologiquement le développement de la croyance religieuse dans certains milieux sociaux par un déficit d’éducation et une souffrance liée à la pauvreté. L’homme raisonnable semblerait donc devoir (aux yeux de certains) s’émanciper de la croyance religieuse pour affronter autrement le sens (ou le non sens) de la vie. A cela, il a été objecté que de nombreux scientifiques et intellectuels croient en Dieu et que la croyance religieuse ne soit donc manifestement pas synonyme d’irrationalité mais qu’il faudrait distinguer la croyance aveugle et la croyance réfléchie.

Le lien entre la place de la croyance religieuse et l’éducation a été également examiné et il a été souligné que si la religion a une place si prépondérante dans la société ce serait peut-être parce qu’elle véhiculerait des valeurs structurant cette société. La discussion a alors oscillé entre une position positive du rôle de la religion (comme support de la valeur de charité par exemple) et la position plus critique ne voyant dans la religion qu’un mécanisme de dressage de l’individu pour le plier à l’ordre social. 

B- Les conséquences d’une éventuelle disparition de la croyance en Dieu :

La conséquence majeure qui a été examinée est celle de l’éventuelle disparition de la morale. L’interdiction du meurtre par exemple peut-elle valoir universellement si Dieu n’existe pas ? L’hypothèse avancée par certains est que l’absence de Dieu pour justifier les normes morales pourrait être palliée par la loi et la société. Mais il a alors été objecté qu’une loi ne vaut que pour un pays et non de manière universelle. En ce sens, nous serions condamné a ne posséder que des valeurs relatives et cela a semblé gêner certains participants qui souhaiter une aspiration à l’universalité pour nos valeurs. Le cas des droits de l’homme a alors été envisagé. Sont-ils universels et ont-ils une valeur s’ils ne s’appuient pas sur la transcendance de Dieu. Que vaut en effet un droit qui est instauré par des hommes et qui est daté historiquement et géographiquement ?

Il a alors été souligné par quelques participants qu’en l’absence de croyance en Dieu certains ersatz venaient tenter de satisfaire l’homme comme l’aurait fait la religion. Les droits de l’homme et les sciences seraient alors des tentatives de notre modernité pour combler le vide laisser par « la mort de Dieu ». On retrouverait alors en eux des valeurs prétendument universelles et des explications en lesquelles nous pourrions avoir foi. Ainsi, la « mort de Dieu » nous amènerait dans les bras d’autres maîtres.

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Braverman Charles

5 comments

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  1. Harmony

    Le café est pas mal!

    On peut aussi considérer les droits de l’homme et les sciences comme simplement une richesse, une exploitation de l’intelligence de l’homme qui évolue sans cesse et respecte son ordre naturel. Autrement dit l’homme est « naturellement » son propre maître.

  2. Braverman Charles

    Ce que vous affirmez présuppose une certaine idée de la nature qui n’est pas évidente.
    Que faut-il entendre par respect de « l’ordre naturel » de l’homme ou par le le fait que l’homme soit « naturellement son propre maître »?

    J’imagine que vous cherchez une réponse à cette idée qui avait été avancée :
    « Les droits de l’homme et les sciences seraient alors des tentatives de notre modernité pour combler le vide laisser par « la mort de Dieu ». On retrouverait alors en eux des valeurs prétendument universelles et des explications en lesquelles nous pourrions avoir foi. Ainsi, la « mort de Dieu » nous amènerait dans les bras d’autres maîtres. »

    Faut-il entendre dans votre remarque que finalement l’homme n’a pas d’autres maîtres que lui-même lorsqu’il a foi en la science et en les droits de l’homme car il est lui-même à l’origine de ces deux choses ?

  3. Harmony

    L’homme est à l’origine de la science et des droits de l’homme et n’a pas d’autre maître que lui même en ce sens où de façon intrinsèque, il puise de sa nature humaine (son intelligence, son coeur, sa raison), du ciel, de la terre, de l’Histoire, du temps etc…et ainsi avec toutes leurs métamorphoses.

    L’homme a donc à sa disposition une multitude de richesses qui lui permettra le dépassement de soi: un soi créateur digne de lui même.

    Ceci n’est que mon humble avis.

    1. Braverman Charles

      Par conséquent, cette remarque tombe sous le coup d’une difficulté qui avait été soulevée pendant le café-philo : si l’homme est le « créateur » de ces normes et de ces valeurs, ne risque-t-on pas de tomber dans un relativisme radical en matière de morale ?
      Concrètement, si c’est l’homme qui crée les normes morales, dans quelle mesure les « droits de l’homme » peuvent-ils prétendre être universels ? Avec cette idée d’homme comme « créateur », ne tombe-t-on pas dès lors dans l’impossibilité de fonder la morale ?

  4. Harmony

    Les droits de l’homme sont universels et sont des fondements « absolus » créés et inventés par lui même.

    L’humanité est en perpetuel mouvement et métamorphose et ainsi l’homme se forme et se reforme.

    Et la morale s’interprète et se réinterprète dans l’espace et dans le temps.

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