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« Carpe diem ! Pour quoi faire? » Compte-rendu, quelques textes et brèves citations…

 

C’est passé… Mais voici quelques extraits ou citations en rapport avec ce qui a été dit… Bonne lecture!

Et un article correspondant à peu près à un compte-rendu de la conférence : cliquez ici

Présentation de la conférence/débat :

Retour des conférences/débats aux Ateliers du jour de Montceau-les-Mines! Et pour débuter, alors que les vacances commencent à être lointaines, quoi de mieux que de questionner cette célèbre injonction du « carpe diem » selon laquelle il conviendrait de cueillir le jour ou de profiter de l’instant présent ?

Il s’agira donc de questionner cette injonction pour déterminer d’abord quels sens elle peut bien avoir et comment elle prétend nous amener au bonheur. Mais il sera également nécessaire de réfléchir aux éventuelles limites du « carpe diem » pour savoir si nous pouvons faire confiance à cette invitation à cueillir le jour…

Mais au fait ! Venir à une conférence des Chantiers-philo n’est-il pas déjà contradictoire avec l’injonction du « carpe diem » ??? N’a t-on pas mieux à faire ? Comme regarder la télé, se reposer, lire, prendre son temps pour manger, changer la couche du bébé (?!), faire ses devoirs ou finir le travail en retard… Pour savoir : il faut venir… Car il se joue peut-être déjà dans cette objection une incompréhension de ce qu’est le « carpe diem » … Et pour nous rejoindre :

Quelques textes et extraits librement choisis, non expliqués et sans ordre particulier… Si vous avez des questions, n’hésitez pas à les poser…

Lorsque tu dormiras, ma belle ténébreuse,
Au fond d’un monument construit en marbre noir,
Et lorsque tu n’auras pour alcôve et manoir
Qu’un caveau pluvieux et qu’une fosse creuse;

Quand la pierre, opprimant ta poitrine peureuse
Et tes flancs qu’assouplit un charmant nonchaloir,
Empêchera ton cœur de battre et de vouloir,
Et tes pieds de courir leur course aventureuse,

Le tombeau, confident de mon rêve infini
(Car le tombeau toujours comprendra le poète),
Durant ces grandes nuits d’où le somme est banni,

Te dira : « Que vous sert, courtisane imparfaite,
De n’avoir pas connu ce que pleurent les morts ? »
─ Et le ver rongera ta peau comme un remords.

Charles Baudelaire (1821-1867)
Les Fleurs du Mal, Spleen et Idéal, (1857)

« La vie oscille, comme un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l’ennui ».
Schopenhauer, Le Monde comme Volonté et comme Représentation.

 

« Nous ne nous tenons jamais au temps présent. Nous anticipons l’avenir comme trop lent à venir, comme pour hâter son cours ; ou nous rappelons le passé, pour l’arrêter comme trop prompt : si imprudents, que nous errons dans les temps qui ne sont pas nôtres, et ne pensons point au seul qui nous appartient ; et si vains, que nous songeons à ceux qui ne sont plus rien, et échappons sans réflexion le seul qui subsiste. C’est que le présent, d’ordinaire, nous blesse. Nous le cachons à notre vue, parce qu’il nous afflige ; et s’il nous est agréable, nous regrettons de le voir échapper. Nous tâchons de le soutenir par l’avenir, et pensons à disposer les choses qui ne sont pas en notre puissance, pour un temps où nous n’avons aucune assurance d’arriver. Que chacun examine ses pensées, il les trouvera toutes occupées au passé et à l’avenir. Nous ne pensons presque point au présent ; et, si nous y pensons, ce n’est que pour en prendre la lumière pour disposer de l’avenir. Le présent n’est jamais notre fin : le passé et le présent sont nos moyens ; le seul avenir est notre fin. Ainsi nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre ; et, nous disposant toujours à être heureux, il est inévitable que nous ne le soyons jamais. »
Pensée 47, Pascal

 

« Agis de telle sorte que tu traites l’humanité aussi bien en ta personne qu’en la personne d’autrui toujours en même temps comme fin et jamais simplement comme moyen ».

Kant, Critique de la raison pratique.

 

Ne cherche pas, Leuconoé, c’est sacrilège,
Quelle fin les dieux nous ont donnée ; les horoscopes,
Ne les consulte pas : mieux vaut subir les choses !
Que Jupiter nous accorde ou non d’autres hivers
Après cette tempête qui brise la mer tyrrhénienne
Sur les écueils rongés, sois sage, filtre ton vin,
Coupe les ailes de l’espoir. Nous parlons, le temps fuit,
Jaloux de nous. Cueille le jour sans croire à demain.

Horace, ode I, 11 « À Leuconoé ».

 

Voir un univers dans un grain de sable

Et un paradis dans une fleur sauvage

Tenir l’infini dans la paume de la main,

Et l’éternité dans une heure.

William BLAKE

« Peu de créatures humaines accepteraient d’être changées en animaux inférieurs sur la promesse de la plus large ration de plaisir de bêtes ; aucun être humain intelligent ne consentirait à être un ignorant, aucun homme ayant du cœur et une conscience à être égoïste et vil, même s’ils avaient la conviction que l’imbécile, l’ignorant ou le gredin sont, avec leurs lots respectifs, plus complètement satisfaits qu’eux-mêmes avec le leur. Ils ne voudraient pas échanger ce qu’ils possèdent de plus qu’eux contre la satisfaction la plus complète de tous les désirs que leurs sont communs. S’ils s’imaginent qu’ils le voudraient, c’est seulement dans des cas d’infortune si extrême que, pour y échapper, ils échangeraient leur sort pour presque n’importe quel autre, si indésirable qu’il fût à leurs propres yeux. Un être pourvu de facultés supérieures demande plus pour être heureux, est probablement exposé à souffrir de façon plus aiguë, et offre certainement à la souffrance plus de points vulnérables qu’un être de type inférieur ; mais, en dépit de ces risques, il ne peut jamais souhaiter réellement tomber à un niveau d’existence qu’il sent inférieur. Il vaut mieux être un homme insatisfait qu’un porc satisfait ; il vaut mieux être Socrate insatisfait qu’un imbécile satisfait. Et si l’imbécile ou le porc sont d’un avis différent, c’est qu’ils ne connaissent qu’un côté de la question : le leur. L’autre partie, pour faire la comparaison, connaît les deux côtés. »

John Stuart MILL, L’Utilitarisme.


A propos de l'auteur

Braverman Charles

1 comment

  1. Braverman Charles

    Voici approximativement le texte de la conférence, cliquez ici.

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